Pomper en Surf Foil

Une étape clés à franchir

Pomper en surf foil représente d’une certaine manière l’étape clés à franchir pour une grande partie des pratiquants. C’est LA technique qui vous permettra de profiter du foil à son plein potentiel et qui vous fera progresser encore plus vite par la suite. Nous sommes nombreux à avoir en tête la vidéo de Kai Lenny dans les îles Fidji en 2016, connectant 2 vagues, puis surfant sur une onde de lagon interminable et quasi inexistente jusqu’à la plage. Ces premières médiatisation du surf foil ont représenté un déclic et un objectif à atteindre pour beaucoup d’entre nous.

Vous débutez le foil et volez probablement déjà ou peut-être vous projetez vous simplement afin d’en apprendre plus sur la pratique. Le foil a déjà bien évoluée et la technique du pumping devient de plus en plus accessible grâce notamment à l’évolution du matériel. Nous avons donc souhaité partager avec vous quelques conseils pour apprendre le pumping et développer votre technique.

 

SROKA Watersports : Comment pomper en surf foil.

Principe de fonctionnement du pumping

Avant tout, voici un rappel rapide. Un hydrofoil fonctionne exactement comme un avion et a besoins de vitesse pour créer de la portance. La technique du pumping vous permet en fait de créer cette énergie et de la produire « artificiellement » (ou plutôt mécaniquement) à l’aide de vos propres mouvements. Nous vous invitons d’ailleurs à aller consulter notre article explicatif sur le fonctionnement des foils si le sujet vous intéresse.  Tout comme pour un avion, maintenir une bonne vitesse sera donc essentiel à la réussite de votre pumping, mais le but est également de dépenser le moins d’énergie possible et c’est là qu’une technique adaptée prend toute son importance.

Fonctionnement d’un foil. SROKA Watersports

Pomper en surf foil : La technique pas à pas

Le timing

Cette première phase consiste à sortir de la vague au bon moment. Lors de vos débuts il sera plus évident de sortir lorsque la vague est la plus plate possible. En progressant, vous parviendrez à sortir lorsque la vague casse ou même à passer par dessus la mousse de la vague sur laquelle vous vous trouvez. Plus vous sortirez dans une zone critique de la vague plus les turbulences et les mouvements de l’eau seront importants. Ces mouvements sont compliqués à aborder en foil et provoquent de nombreux déséquilibres.

Trajectoire et vitesse initiale

Cette phase initiale est l’une des plus importantes voir même LA plus importante lorsque vous apprenez à pomper. L’enjeux est ici de conserver un maximum de vitesse et de commencer à pomper au bon moment. Un virage trop serré vous fera perdre en vitesse et il vous faudra redoubler d’effort pour redonner de l’inertie à votre foil. Vous allez donc perdre de votre énergie et risquer de tomber car l’équilibre est plus précaire à basse vitesse. Le pomping est également plus technique à vitesse réduite car il demande un mouvement plus ample et plus précis pour le relancer.

L’idéal est donc d’allonger sa courbe. Pour se faire, vous pouvez sortir de la vague en la « longeant », en partant en direction du chenal. Cela vous permettra aussi de profiter un peu plus longtemps de l’énergie de la vague. Vous pouvez alors commencer à pomper et tourner progressivement vers le peak. Cet allongement de la courbe vous permettra de conserver une bonne vitesse initiale et débuter votre pomping dans les meilleures conditions possibles. Autre élément qui pourra vous aider à amorcer votre relance, essayez d’être le plus haut possible sur votre mât avant d’engager la phase de pomping (dit autrement, essayez de positionner l’aile de votre foil le plus proche possible de la surface). C’est en effet dans cette position que votre foil a le moins de traînée.

La technique

Parlons à présent de la technique du pomping en elle même. Il est important de savoir que plus vous aurez de vitesse, plus le mouvement sera aisé et moins vous vous fatiguerez. Le pomping ne se limite pas à un enchainement de flexions et d’extensions des muscles des jambes, il vous faut donner une inertie vers l’avant afin de « créer » de la vitesse avec votre foil. Le pomping est en fait une combinaison de deux mouvements: une succession d’allègements et de pression du corps combinée à un enchaînement de flexion et d’extension différées de la jambe avant et arrière.

Le schéma ci-dessous représente le mouvement du foil et son orientation sous l’eau. Lorsqu’elles débutent le pomping, de nombreuses personnes ont tendance à manquer de coordinations et ne parviennent donc pas à générer cette vitesse essentiel à un pomping efficace. Un mouvement simple de pression/ allègement simultané de votre jambe avant et arrière va fortement vous freiner sans vous faire avancer.

Apprendre à pomper en surf foil. L’orientation du foil sous l’eau.

 

Un léger déséquilibre volontaire vers l’avant vous permettra d’accélérer plus facilement et de donner à votre foil ce mouvement particulier. Cette notion de déséquilibre est importante, c’est elle qui vous donnera de la vitesse et de l’inertie vers l’avant.

 

Coordination

La clés du pomping reside dans la coordination entre le mouvement de vos membres inférieurs et le transferts de masse. Vos jambes avant et arrière vont alternativement effectuer un mouvement de flexion puis d’extension. Lorsque la jambe arrière se tend (étapes 1 et 2 sur l’image ci-dessous) votre jambe avant va venir se fléchir légèrement afin de laisser monter votre foil. C’est la phase de poussée. Vous allez ensuite appuyer sur la jambe avant tout en essayant de vous alourdir et d’utiliser votre poids pour créer plus de vitesse et orienter votre foil vers le bas (étapes 3 et 4). On voit sur ces deux étapes que le foiler utilise tout son corps pour créer cette inertie vers le bas et vers l’avant. La poussée sur vos jambes doit être graduelle lors de la phase de descente et doit être à son maximal lorsque votre foil est au plus bas afin de vous donner du rebond pour la phase de montée (étape 5). C’est grâce à ce dernier appuie que vous pourrez vous alléger et laisser remonter votre foil. Lors de l’étape numéro 5, les jambes sont pratiquement en extension complète et le rider cherche à s’agrandir pour créer l’allègement de l’étape numéro 6 et faire à nouveau remonter le foil. Les étapes 1 et 6 corespondent en fait à la même phase du pomping.

Vous pouvez d’ailleurs vous servir de vos bras afin de vous aider durant la phase d’allègement.

Les différents mouvements dans la technique du pomping en surf foil.

Amplitude ou Fréquence ?

Quand est-il du rythme à adopter lors du pomping ? Fréquence ou amplitude ? Ce n’est pas encore une science exact mais il semblerait qu’effectuer un mouvement de pomping ample soit moins energivore qu’un mouvement très rythmé. Donner de l’amplitude à votre mouvement vous permettra en effet de profiter des phases de repos apportées par la portance accrue de votre foil lorsqu’il se trouve proche de la surface.

Vous pouvez cependant donner de la fréquence à votre foil en sortie de vague afin de le faire accélérer car rappelons le, la vitesse est l’un des facteurs clés d’un pomping efficace !

Regard au loin

Lorsque vous commencez à pomper, essayez de porter votre regard au loin ou du moins sur la vague ou l’objectif que vous visez. Cela vous forcera à donner à votre foil l’inertie vers l’avant dont nous parlions un peu plus tôt. En surf foil, lever votre regard prend encore plus d’importance car cela vous permettra de repérer les mouvements d’eau et la formation des vagues et ainsi de bien choisir la zone à rejoindre.

 

Apprendre à pomper en surf foil. Connexion entre deux vagues.

La connexion

Il est important de bien choisir la zone où vous allez arrêter de pomper lorsque vous cherchez à connecter une seconde vague sous peine de chuter ou de la perdre. L’energie de la vague se situant sur son tier supérieur, c’est cette zone que vous devez viser. En plus d’être dans une zone puissante, vous bénéficierez de l’accélération procurée par la pente de la vague. Votre virage aura également son importance. Tout comme lors de votre sortie de vague, votre virage doit être allongé afin de ne pas faire perdre de vitesse à votre foil. La poussée que vous donnez dans vos jambes lors de ce virage doit en fait être graduelle et augmenter tout au long de votre virage. Comme lors d’un long carve en surf, l’appuie doit être de plus en plus marqué au fur et à mesure que vous avancez dans votre courbe afin de conserver de la vitesse et donc de la portance. Dans d’autres termes, un virage trop serré risque de faire atterrir votre foil prématurément car il aura perdu sa vitesse.

« Saturation »

Avec la vitesse acquise, il est parfois possible de s’arrêter de pomper car le foil dispose de suffisamment de portance pour vous maintenir en vol : on dit qu’il « sature ». C’est alors le moment idéal pour se reposer un peu. Dès lors que vous sentez que le foil perd en vitesse et recommence à atterrir vous pouvez recommencer à pomper. Lorsque vous sentez que vous entrez dans cette phase, placez votre foil proche de la surface pour lui permettre de planner plus longtemps et plus facilement.

 

Quelques idées pour s’entraîner

L’effort demandé pour pomper en surf foil diffère en fonction de l’aile que vous allez utiliser. Les foils destinés au surf sont conçus pour leur agilité et pour vous permettre de faire des manoeuvres plus radicales. Cependant, ils demandent un peu plus d’effort au pomping que les foils développés pour le downwind par exemple. Le pomping avec ce type de foil s’apparentera à l’effort fourni lors d’un 400 m en athlétisme (effort à dominante anaerobie lactique) et c’est pour cela que connecter une multitude de vagues s’avère très physique. Essayez donc de courir 3 x 400 m en vous reposant seulement quelques secondes entre chaque répétition ! L’exemple est un peu extrême mais il donne une bonne idée du type d’effort que peut parfois représenter le pomping en fonction du type d’aile que vous allez utiliser. Pour les plus motivés d’entre vous, voici donc quelques idées pour progresser à terre, physiquement comme techniquement !

Entraînement technique

Pour travailler votre technique, le skateboard peut représenter un bon moyen de progresser à sec. Il vous faudra cependant avoir accès à un skatepark à proximité. Les rampes tel que les half pipe et les bowl sont un bon moyen pour travailler la mémoire musculaire de vos jambes et votre proprioception. La prise de vitesse dans une rampe s’apparente d’ailleurs au mouvement du pomping en surf foil (extension des muscles de la jambe dans les courbes lors de la montée, flexion en haut de rampe, puis à nouveau extension dans la courbe lors de la redescente).

L’idéal reste les pumptrack qui sont des pistes bétonnées ou goudronnées qui s’apparentent à des terrains de BMX. La coordination entre votre jambe avant et votre jambe arrière est essentiel pour prendre la vitesse sans pousser avec votre pieds. Les pumptracks sont assez exigeant sur le plan musculaire et respiratoire et seront également parfait pour vous faire travailler physiquement. L’effort est en effet très similaire à celui d’une connexion entre deux vagues en surf foil. Si vous avez une planche de type cruiser ou surf skate c’est encore mieux car ils procureront plus d’instabilité et vous feront travailler votre placement en plus de votre technique de pomping.

Les doc start et beach start, une fois maîtrisés, seront également un bon moyen de perfectionner votre technique lorsque les vagues ne sont pas au rendez-vous ! Trouvez un ponton proche de chez vous et exercez vous. Les départs ponton et plages se font avec des vitesse plus faibles qu’en sortie d’une vague, la technique se complexifie donc un petit peu mais à « entraînement pomping difficile, connexion facile » ! Si vous souhaitez apprendre à démarrer de la plage, consultez notre article sur la technique du beach start.

Entraînement physique

L’entraînement physique est un domaine extrêmement vaste et complexe. Cette partie mériterait un livre entier pour être réellement spécifique et complet. Même si le pomping correspond plutôt à un effort court et intense de type anaérobie lactique, l’endurance (filière aérobie) n’est pas à  négliger pour progresser. D’autant plus qu’elle vous servira de manière plus générale à supporter de longues sessions. L’entraînement doit donc être globale et même si une activité possède toujours une filière énergétique dominante, l’objectif est simplement de vous donner ici quelques clés et idées pour progresser physiquement et spécifiquement dans votre pratique du foil.

Si vous êtes un adepte de la préparation physique ou du crosstraining, des exercices tel que les box jump, les burpees vous permettront de travailler votre explosivité et votre cardio à la maison.

Si vous avez la bougeotte, et pour travailler plus spécifiquement sur votre capacité respiratoire, l’intervalle training (plus communément appelé fractionné) en course à pied est un très bon moyen pour progresser rapidement. Si vous avez des marches proche de chez vous c’est encore mieux car cela vous permettra également de travailler votre amplitude.

Pour résumer

  1. Choisissez le bon timing

  2. Pensez à allonger votre courbe en sortie de vague pour conserver de la vitesse

  3. Engagez votre corps vers l’avant grâce à un léger déséquilibre pour créer de la vitesse

  4. Coordonnez le mouvement des jambes avec les phases d’allègement et de pression du corps

  5. Pensez à donner de l’amplitude.

  6. Portez votre regard au loin

  7. Visez le tier supérieur de la vague que vous souhaitez connecter

  8. Ca y est ! Vous venez d’attraper une seconde vague !

 

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La connection entre deux vagues ou pumping en surf foil. Ici Paul Delaere avec une aile de 1250 cm2.