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Comment faire du Surf Foil

Le Surf-Foil est apparu dans les années 2000. Parmi les précurseurs, on compte de grands noms comme Laird Hamilton, Dave Kalama ou encore Paolo Rista.  À l’origine, ce n’était qu’une manière de voler au-dessus de l’...

Comment faire du Surf Foil
    Bruno Sroka
    Publié le Mis à jour le
    13 min de lecture

    Le Surf-Foil est apparu dans les années 2000. Parmi les précurseurs, on compte de grands noms comme Laird Hamilton, Dave Kalama ou encore Paolo Rista.  À l’origine, ce n’était qu’une manière de voler au-dessus de l’eau en surf-tracté, dans de grandes ondes de houle. En 2016, c’est Kai Lenny qui fait exploser le nombre de pratiquants. La discipline conquiert immédiatement les surfeurs hawaïens, australiens, californiens et brésiliens. Le niveau grimpe en flèche. Progressivement, le surf foil arrive en Europe, et en France. Comprendre comment fonctionne un foil, et ce qui différencie une aile avant d'une autre, est la première étape avant de choisir son matériel et de se lancer dans l'apprentissage.

    Le surf foil, un sport accessible et en pleine expansion

    Le principe du surf foil est simple : une aile immergée, fixée sous la planche, soulève le rider au-dessus de l'eau dès que la vitesse est suffisante. Cette mécanique change concrètement la pratique de la glisse.

    Les avantages du surf foil les plus recherchés par les riders :

    • Plus de sessions possibles : une petite houle molle, insuffisante pour un surf classique, suffit à voler
    • Plus de spots praticables : nul besoin d'une vague qui déferle franchement
    • Une glisse prolongée : le foil supprime les frottements de la planche sur l'eau, ce qui permet d'enchaîner les sections d'une vague sans perdre de vitesse
    • Des sensations nouvelles : la sensation de vol au dessus de l'eau, très différente du surf traditionnel
    Cet article explique le fonctionnement d’un Foil pour les sports suivants : Surf Foil , SUP Foil, Downwind SUP Foil et Tow-in Foil (vagues tractées).

    De quoi est composé un foil de surf ?

    Le Foil est composé des éléments suivants : mât, fuselage, aile avant et aile arrière (stabilisateur).

    Pièce Rôle Position
    Mât Relie la planche au fuselage et détermine la hauteur de vol

    Perpendiculaire à la planche

    Fuselage

    Relie le mât aux ailes et influence la stabilité longitudinale

    Horizontal, sous le mât

    Aile avant

    Génère la portance grâce à sa forme (extrados bombé, intrados plat)

    À l'avant du fuselage
    Stabilisateur 

    Contre la portance de l'aile avant pour stabiliser l'ensemble

    À l'arrière du fuselage


    L'aile avant a un bord d'attaque arrondi qui prend rapidement de l'épaisseur, puis s'affine vers un bord de fuite plus fin. On appelle "corde" la largeur de l'aile (du centre du bord d'attaque au centre du bord de fuite) et "envergure" sa longueur, d'une extrémité à l'autre. Le stabilisateur reprend une forme proche de celle de l'aile avant, avec une surface réduite et un profil différent.

    Comment fonctionne un foil ? Le principe physique de la portance

    Le principe de fonctionnement d’un foil de surf relève de la dynamique des fluides. L’aile avant est tirée vers le haut lorsqu’elle avance, car les molécules d’eau qui passent sur l’extrados de l’aile avant accélèrent pour rattraper les molécules d’eau passées sur l’intrados (qui est plus courte car plate). L’accélération des molécules sur la partie supérieure de l’aile crée une dépression et le ralentissement de celles sur la partie inférieure crée de la surpression. La  conséquence est un effet d’aspiration vers le haut. Plus la vitesse du Foil est élevée et plus le foil est “tiré” vers le haut (à profil et angle égal).

    On peut aisément comparer le fonctionnement d’un Foil à celui d’un avion qui reprend sensiblement la même forme si on oublie le mât et la planche. La vitesse de déplacement  croit une portance et permet de décoller. La différence d’angle donné aux ailes d’un avion lui  permet de se stabiliser en l’air. La diminution de la vitesse de déplacement permet de diminuer la portance et donc de faire atterrir un avion (à angle d’incidence constant). Enfin pour changer les angles d’incidence du foil, le rider peut par pression alternée sur le pied avant ou arrière faire monter ou descendre le foil ou le stabilité. Tout est question d’un dosage de pression sur les appuis.

    Pour décoller, la vitesse doit être suffisamment importante pour créer une force de portance sur l’aile avant. Cumulé à un angle d’incidence élevée (grâce à une pression sur le pied arrière) la planche décolle. Pour se stabiliser, une pression sur la jambe avant  permet de diminuer l’angle d’incidence, donc la portance et d’accélérer.

    La houle comme source d’énergie

    Si l’avion utilise la force d’aspiration des molécules d’air, le foil sollicite l’aspiration des molécules d’eau qui ont une densité bien plus élevées que celles de l’air. Cette densité va augmenter d’autant plus la portance (l’effet d’aspiration vers le haut) du foil avec la vitesse.

    Nous parlons dans cet article de Surf Foil donc d’utilisation des mouvements d’eau (vague, houle, creux, sillages de bateau) pour voler. En opposition au vent qui permet en kite ou windfoil l’utilisation d’une force constante externe à l’eau, les mouvements d’eau des ondes telles que les vagues sont des forces variables avec des zones de portance précisément localisées sur le plan d’eau.

    Le surf foil en image

    Quelles caractéristiques du foil influencent portance, vitesse, stabilité et maniabilité ?

    Lorsque l’on touche à la dynamique des fluides, le moindre détail ou changement apporté au Foil a son importance et influe sur ses caractéristiques. Nous nous sommes intéressés à 4 caractéristiques majeures d’un Surf Foil pour expliquer quels paramètres les influent (il y en a pleins d’autres mais nous ne les aborderons pas dans cet article).

    Portance

    La portance du Foil, ou l’effet d’aspiration vers le haut, varie principalement selon la taille de l’aile avant, son épaisseur, sa forme de profil et l’angle d’incidence de celui-ci. Plus la surface d’une aile est grande avec de l’épaisseur et plus elle génère de portance. Plus l’angle d’incidence est positivement élevé et plus celui-ci génère de portance mais freine le foil. En revanche, plus ces paramètres sont faibles, plus la portance est réduite. A surfaces, angles, épaisseurs égaux, deux profils différents entraineront des portances et vitesses différentes. La surface comme seul paramètre de référence n’est pas suffisante pour déterminer si un foil porte beaucoup ou non.

    En effet, les spécificités du profil de l’aile avant vont jouer sur la portance générale du Foil. Il peut s’agir de la courbe supérieure de l’extrados ou encore de la courbe latérale à savoir celle qui va d’un côté à l’autre dans le sens de la longueur.

    Enfin, d’autres éléments externes viennent jouer sur la portance générale du Foil tels que le poids du pratiquant, le poids et la taille de la planche ou encore évidemment la puissance des vagues.

    Vitesse

    Parallèlement à la portance du Foil, la vitesse de celui-ci dépend de la surface et de l’angle d’incidence de l’aile avant. Une aile avant avec une petite surface et/ou peu d’épaisseur offrira plus de vitesse, et une aile avant avec moins d’angle d’incidence sera également plus rapide.

    Ensuite, les spécificités du shape de l’aile pour une même surface jouent sur la vitesse du Foil. Une aile avec moins de corde et donc plus d’envergure sera plus rapide. Par ailleurs, le profil de l’aile (paramètres évoqués précédemment) est très influent sur la vitesse et sur la capacité à accélérer.

    Enfin, comme évoqué précédemment : le poids du pratiquant, la taille et le poids de la planche mais aussi la puissance et la vitesse de la houle sont des facteurs externes qui conditionnent fortement la vitesse du Foil.

    Stabilité

    Un Foil relativement lent avec beaucoup de portance (donc grande surface, épaisseur d’aile et un peu d’angle d’incidence) sera plus stable qu’un foil moins portant et plus rapide.

    Les principaux éléments permettant au Foil de gagner en stabilité sont la longueur (la corde) de l’aile avant, son épaisseur et la surface et envergure de l’aile arrière, également appelée stabilisateur.

    L’aile arrière (stabilisateur) joue pleinement sont rôle pour stabiliser le Foil. Sa portance est inverse à celle de l’aile avant et permet ainsi de contrer légèrement la portance de l’aile avant en créant des forces opposées pour stabiliser l’ensemble du foil.

    Les facteurs externes influant sur la stabilité du Foil sont forcément le poids du pratiquant et ses aptitudes techniques mais aussi le type de plan d’eau sur lequel le Surf Foil est pratiqué. Un plan d’eau agité avec du courant, des remous (backwash) et des déferlements sera plus instables car ces éléments perturbent les dépressions et surpressions qui génèrent l’attraction vers le haut du Foil (comme une perturbation aérienne quand on est en avion).

    Maniabilité & glisse

    Si un Foil avec peu de portance (donc peu de surface, d’angle d’incidence et d’épaisseur) est plus rapide et indirectement plus maniable, ce n’est pas le seul paramètre qui intervient sur sa maniabilité.

    L’élément majeur concernant la maniabilité reste la forme de l’aile avant, à savoir notamment la courbe latérale, qui accentuée permet de tourner plus facilement avec le Foil. Une courbe latérale élevée donnera un foil plus maniable mais plus lent car pour la même surface de portance (ombre portée au sol) la surface totale sera plus importante et freinera. A l’inverse une courbe latérale plus aplatie tournera moins mais sera plus rapide.

    L’envergure influence aussi la maniabilité. Plus l’envergure sera importante et plus le foil planera longtemps mais moins les courbes seront serrées. C’est un peu comme un longboard et un shortboard.

    En résumé

    La forme générale et les dimensions du Foil font varier ces quatre caractéristiques :

    • Plus une aile est grande, épaisse avec de l’angle d’incidence = plus elle porte et moins elle va vite
    • Plus une aile est petite, avec peu d’épaisseur, peu d’angle et peu de corde par rapport à son envergure = plus elle est rapide
    • Plus une aile a de l’envergure et plus elle va planer longtemps et donc elle sera efficace au pumping.
    • Plus une aile est grande et épaisse avec de la longueur de corde = plus elle est stable
    • Plus une aile est petite, peu épaisse avec de la courbe = plus elle est maniable
    • Plus une aile a de l’envergure et moins elle sera maniable.

    Quel matériel choisir pour débuter en surf foil ?

    Le choix du matériel se joue sur deux axes : la surface de l'aile avant, à adapter à la houle et au niveau, et le volume de la planche, à adapter au gabarit et à l'expérience. Plus la planche est lourde, plus la portance du foil sera contrée (force qui s’oppose). En revanche, un gain de volume permet de mieux partir sur les vagues pour décoller.

    Profil de rider Foil repère Pourquoi 
    Débuter en surf foil Gamme HA, autour de 1190 cm² Portance généreuse, décollage facile, foil tolérant aux erreurs
    Progresser, houle plus organisée Gamme HA ou UHA, autour de 1000 à 1200 cm² Bon compromis entre portance et vitesse

    Rider confirmé, houle puissante

    Gamme UHA, surface réduite

    Vitesse, contrôle et efficacité au pumping

     

    Côté planche, le volume et la longueur suivent la même logique de progression :

    Planche Volume Profil conseillé
    Fast Flyer 4'6 38 L

    Pour débuter et progresser à budget maîtrisé

    SW 4'4 (gamme Elite) 32 L Petits gabarits ou riders confirmés cherchant la maniabilité
    SW 5'0 (gamme Elite) 40 L Gabarits moyens
    SW 5'6 (gamme Elite) 50 L Gabarits plus lourds ou recherche de glisse facile
    DW 7’2 (gamme Elite) 110 L Pour les riders légers ou exigeants
    DW 8’3 (gamme Elite) 105 L Adapté à tous les riders, du débutant au confirmé


    En surf foil, la longueur de mât la plus courante se situe entre 70 et 80 cm, un compromis qui passe bien le clapot sans nuire à la maniabilité. Un stabilisateur plus large facilite l'équilibre en début d'apprentissage, au prix d'un peu de vitesse.

    SROKA Company a développé son S-Foil autour de trois priorités : l'accessibilité, avec un profil d'aile tolérant aux erreurs pour accompagner l'apprentissage ; la polyvalence, pour naviguer aussi bien en wing foil qu'en surf foil avec le même quiver ; et la performance, avec un fuselage et un stabilisateur ajustés pour pomper facilement tout en restant maniable.

    Pour un comparatif détaillé selon ton niveau, ton gabarit et ton spot, notre article complet pour bien choisir son Surf Foil détaille toutes les configurations, y compris le choix entre carbone et aluminium.

    Comment débuter en surf foil ? Exercices pour progresser étape par étape

    L'apprentissage du surf foil suit une progression logique, du plat vers la vague.

    1. Prendre ses marques à plat : s'allonger sur la planche pour trouver le point d'équilibre avant même de chercher à décoller.
    2. S'entraîner au pumping en dockstart : pomper sur un plan d'eau plat, à partir d'un ponton ou d'un spot de pump foil, permet de comprendre comment le foil réagit sans dépendre de la houle.
    3. Choisir un spot adapté : une houle molle et régulière convient bien mieux aux premières sessions qu'une vague qui casse fort.
    4. Se relever progressivement, en gardant le regard loin devant soi plutôt que sur les pieds.
    5. Doser la pression avant/arrière pour contrôler l'angle d'incidence et stabiliser le vol.
    6. Prolonger la glisse en pompant une fois les bases acquises, pour enchaîner les remontées et rester en vol sans redescendre entre deux sections de vague.

    Les erreurs les plus fréquentes en surf foil

    Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent chez les riders qui débutent en surf foil, et comment les éviter.

    • Erreur n°1 : choisir un foil trop petit pour débuter. Une aile avant peu portante rend le décollage difficile et décourage rapidement. Mieux vaut privilégier une surface généreuse en début d'apprentissage, quitte à réduire ensuite.
    • Erreur n°2 : pousser trop fort sur le pied arrière au décollage. L'angle d'incidence grimpe trop vite, le foil sort brutalement de l'eau et le rider perd l'équilibre. Une pression progressive fonctionne mieux qu'un appui franc.
    • Erreur n°3 : garder le regard sur les pieds. La perte de repère visuel entraîne presque toujours une perte de stabilité, quel que soit le niveau du rider.
    • Erreur n°4 : négliger la sécurité. Le foil est tranchant : porter une leash, garder une distance suffisante avec les autres riders et vérifier la profondeur d'eau avant de se lancer limitent fortement le risque de blessure.
    • Erreur n°5 : vouloir progresser sur un spot trop exigeant. Une vague qui déferle près du bord complique la remise à l'eau et ralentit l'apprentissage. Un spot avec une pente douce, même sur une vague de moins de 60 cm, suffit largement pour les premières sessions.
    • Erreur n°6 : ignorer le réglage du foil. La position des pieds sur la planche et le réglage du stabilisateur influencent directement la portance et la stabilité disponibles. Un mauvais réglage accentue les défauts d'un foil déjà exigeant pour le niveau du rider.

    Un foil transforme la vitesse en portance grâce à la forme de son aile avant : plus elle est grande et épaisse, plus elle porte ; plus elle est fine et allongée, plus elle va vite. Comprendre ce principe permet de choisir un matériel adapté à son gabarit et de construire un apprentissage progressif, du plat vers la vague, sans brûler les étapes.

     

     

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