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Pomper en Surf Foil

Timing, trajectoire, coordination des jambes, connexion de la seconde vague : la technique du pumping en surf foil expliquée étape par étape.

Pomper en Surf Foil
    Bruno Sroka
    Publié le Mis à jour le
    13 min de lecture

    Pour progresser et profiter pleinement de votre session de surf foil, pomper sera LA technique. Cette étape clé vous permettra de profiter du foil à son plein potentiel, et d'évoluer dans la pratique en imitant les professionnels. Souvenez-vous de la vidéo de Kai Lenny dans les îles Fidji en 2016, connectant 2 vagues et surfant sur une onde de lagon interminable jusqu'à la plage. Nous avons donc souhaité partager avec vous quelques conseils pour apprendre le pumping et développer votre technique.

    Si vous souhaitez apprendre à faire un dockstart en foil, c'est-à-dire à partir en foil depuis un ponton, nous avons rédigé un article dédié à ce sujet.

    Le foil s'est rapidement développé et démocratisé, et la technique du pumping est de plus en plus pratiquée. Cela est notamment dû à l'évolution de l'offre de matériel sur le marché, qui rend le pumping de plus en plus facile et accessible.

    Vous cherchez quelle planche et quel foil choisir pour le surf foil ? Notre guide pour choisir son surf foil détaille les configurations complètes par gabarit et par niveau.

    Comment fonctionnent les foils ?

    Les foils sont des ailes hydrodynamiques qui permettent aux planches de glisser au-dessus de l'eau avec moins de résistance. Ils sont utilisés dans différentes disciplines telles que le wing foil, le wake foil, le SUP foil ou le dockstart. Leur fonctionnement repose sur le principe de portance et d'équilibre.

    Un foil se compose généralement d'une aile avant, d'un mât et d'un stabilisateur. L'aile avant est la partie principale qui génère la portance et soulève la planche au-dessus de l'eau. Elle est fixée au fuselage, relié au mât, lui-même fixé sous la planche. Le stabilisateur, situé à l'arrière du fuselage, aide à maintenir l'équilibre et la stabilité de l'ensemble.

    Pour le détail de la mécanique, nous vous invitons à consulter notre article sur le fonctionnement d'un foil de surf.

    Principes de fonctionnement du pumping

    Avant tout, quelques rappels : le fonctionnement du foil se rapproche de celui d'un avion, et nécessite de la vitesse pour créer une portance qui permet le déplacement. La technique du pumping vous permet de produire mécaniquement cette énergie, à l'aide de vos propres mouvements. Une technique adaptée ainsi que le maintien d'une bonne vitesse vous permettront de dépenser le moins d'énergie possible lorsque vous naviguez en pompant.

    Comment pomper en surf foil : la technique pas à pas

    1. Le timing

    La première étape consiste à sortir de la vague au bon moment. Lors de vos débuts, il sera préférable de sortir lorsque la vague est la plus plate possible. En progressant, vous parviendrez à sortir lorsque la vague casse ou même à passer par-dessus la mousse de la vague sur laquelle vous vous trouvez. Plus vous sortirez dans une zone critique de la vague et plus les turbulences et les mouvements de l'eau seront importants. Ces mouvements peuvent être compliqués à aborder en foil et provoquer de nombreux déséquilibres.

    2. Trajectoire et vitesse initiale

    Cette phase initiale est l'une des plus importantes, voire LA plus importante lorsque vous apprenez à pomper. L'enjeu est de conserver un maximum de vitesse et de commencer à pomper au bon moment. Un virage trop serré vous fera perdre en vitesse et il vous faudra redoubler d'effort pour redonner de l'inertie à votre foil. Vous allez donc perdre de votre énergie et risquer de tomber, car l'équilibre est plus précaire à basse vitesse. Le pumping est également plus technique à vitesse réduite car il demande un mouvement plus ample et plus précis pour le relancer.

    L'idéal est donc d'allonger sa courbe. Pour ce faire, vous pouvez sortir de la vague en la longeant, en partant en direction du chenal. Cela vous permettra également de profiter un peu plus longtemps de l'énergie de la vague. Vous pouvez alors commencer à pomper et tourner progressivement vers le peak. Cet allongement de la courbe vous permettra de conserver une bonne vitesse initiale et de débuter votre pumping dans les meilleures conditions possibles. Autre conseil qui pourra vous aider à amorcer votre relance : essayez d'être le plus haut possible sur votre mât avant d'engager la phase de pumping. Autrement dit, essayez de positionner l'aile de votre foil le plus proche possible de la surface. C'est en effet dans cette position que votre foil aura le moins de traînée.

    Rider en surf foil en train de pomper pour rester en vol

    3. La technique

    Parlons à présent de la technique du pumping en elle-même. Il est important de savoir que plus vous aurez de vitesse, plus le mouvement sera facile et moins vous vous fatiguerez. Le pumping ne se limite pas à un enchaînement de flexions et d'extensions des muscles des jambes. Il vous faut donner une inertie vers l'avant afin de créer de la vitesse avec votre foil. Le pumping est en fait une combinaison de deux mouvements : une succession d'allègements et de pressions du corps combinée à un enchaînement de flexions et d'extensions différées de la jambe avant et de la jambe arrière.

    Lorsqu'elles débutent le pumping, de nombreuses personnes ont tendance à manquer de coordination et ne parviennent donc pas à générer la vitesse nécessaire pour un pumping efficace. Un mouvement simple de pression et d'allègement simultané de votre jambe avant et de votre jambe arrière va fortement vous freiner sans vous faire avancer.

    Un léger déséquilibre volontaire vers l'avant vous permettra d'accélérer plus facilement et de donner à votre foil ce mouvement particulier. Cette notion de déséquilibre est importante, c'est elle qui vous donnera de la vitesse et de l'inertie vers l'avant.

    4. Coordination

    La clé du pumping réside dans la coordination entre le mouvement de vos membres inférieurs et le transfert de masse. Vos jambes avant et arrière vont alternativement effectuer un mouvement de flexion puis d'extension. Lorsque la jambe arrière se tend, votre jambe avant va venir se fléchir légèrement afin de laisser monter votre foil. C'est la phase de poussée. Vous allez ensuite appuyer sur la jambe avant tout en essayant de vous alourdir et d'utiliser votre poids pour créer plus de vitesse et orienter votre foil vers le bas.

    Le foiler utilise tout son corps pour créer cette inertie vers le bas et vers l'avant. La poussée sur vos jambes doit être graduelle lors de la phase de descente et doit être à son maximum lorsque votre foil est au plus bas, afin de vous donner du rebond pour la phase de montée. C'est grâce à ce dernier appui que vous pourrez vous alléger et laisser remonter votre foil.

    Vous pouvez d'ailleurs vous servir de vos bras afin de vous aider durant la phase d'allègement.

    5. Amplitude ou fréquence ?

    Quel rythme adopter lors du pumping ? Ce n'est pas encore une science exacte, mais il semblerait qu'effectuer un mouvement ample soit moins énergivore qu'un mouvement très rythmé. Donner de l'amplitude à votre mouvement vous permettra en effet de profiter des phases de repos apportées par la portance accrue de votre foil lorsqu'il se trouve proche de la surface.

    Vous pouvez cependant donner de la fréquence à votre foil en sortie de vague afin de le faire accélérer car, rappelons-le, la vitesse est l'un des facteurs clés d'un pumping efficace.

    6. Regard au loin

    Lorsque vous commencez à pomper, essayez de porter votre regard au loin, ou du moins sur la vague ou l'objectif que vous visez. Cela vous forcera à donner à votre foil l'inertie vers l'avant dont nous parlions plus tôt. En surf foil, lever le regard prend encore plus d'importance car cela vous permettra de repérer les mouvements d'eau et la formation des vagues, et ainsi de bien choisir la zone à rejoindre.

    7. La connexion

    Il est important de bien choisir la zone où vous allez arrêter de pomper lorsque vous cherchez à connecter une seconde vague, sous peine de chuter ou de la perdre. L'énergie de la vague se situe sur son tiers supérieur. C'est cette zone que vous devez viser. En plus d'être dans une zone puissante, vous bénéficierez de l'accélération procurée par la pente de la vague. Votre virage aura également son importance : comme lors de votre sortie de vague, il doit être allongé afin de ne pas faire perdre de vitesse à votre foil. La poussée que vous donnez dans vos jambes lors de ce virage doit être graduelle et augmenter tout au long de la courbe.

    Comme lors d'un long carve en surf, l'appui doit être de plus en plus marqué au fur et à mesure que vous avancez dans votre courbe, afin de conserver de la vitesse et donc de la portance. Autrement dit, un virage trop serré risque de faire atterrir votre foil prématurément.

    8. Saturation

    Avec la vitesse acquise, il est parfois possible de s'arrêter de pomper car le foil dispose de suffisamment de portance pour vous maintenir en vol : on dit qu'il sature. C'est alors le moment idéal pour se reposer un peu. Dès que vous sentez que le foil perd en vitesse et recommence à atterrir, vous pouvez recommencer à pomper. Lorsque vous entrez dans cette phase, placez votre foil proche de la surface pour lui permettre de planer plus longtemps et plus facilement.

    Quelle aile avant pour le pumping en surf foil ?

    Le pumping demande une aile qui décolle avec peu de vitesse, qui plane longtemps et qui reste maniable dans les courbes. Deux gammes répondent à ce programme chez SROKA.

    • La gamme UHA est notre recommandation, du rider qui débute en surf foil jusqu'à l'expert. L'UHA 1260 est le point d'entrée polyvalent, très efficace au pumping dans les petites vagues. L'UHA 1100 convient dès que les conditions sont un peu plus musclées ou que vous cherchez plus de vitesse.
    • La gamme HA, en 1190 L ou 1190 W, appartient à la génération précédente et reste une alternative qui fonctionne très bien, la version Wave étant pensée pour les vagues formées.

    Le principe général vaut quelle que soit la marque : plus la surface est grande, plus le décollage est facile et le vol lent, donc plus le pumping est accessible. Plus elle est réduite, plus vous gagnez en vitesse et en radicalité, mais il faut de la vague pour l'alimenter.

    Pour vous entraîner au pumping en dehors des vagues, le pump foil en dockstart reste de loin le meilleur exercice : le nombre de répétitions par session y est bien supérieur, et tout ce que vous y gagnez se transfère directement dans les vagues.

    Quelques idées pour s'entraîner au surf foil

    L'effort demandé pour pomper en surf foil diffère en fonction de l'aile que vous allez utiliser. Les ailes destinées au surf sont conçues pour leur agilité et pour vous permettre de faire des manœuvres plus radicales. Elles demandent cependant un peu plus d'effort au pumping que les ailes développées pour le downwind. Le pumping avec ce type d'aile s'apparente à l'effort fourni lors d'un 400 m en athlétisme, un effort à dominante anaérobie lactique, et c'est pour cela que connecter une multitude de vagues s'avère très physique.

    Pour les plus motivés d'entre vous, voici quelques idées pour progresser à terre, physiquement comme techniquement.

    Entraînement technique

    Pour travailler votre technique, le skateboard peut représenter un bon moyen de progresser à sec. Il vous faudra cependant avoir accès à un skatepark à proximité. Les rampes telles que les half pipe et les bowls sont un bon moyen de travailler la mémoire musculaire de vos jambes et votre proprioception. La prise de vitesse dans une rampe s'apparente d'ailleurs au mouvement du pumping en surf foil : extension des muscles de la jambe dans les courbes lors de la montée, flexion en haut de rampe, puis à nouveau extension dans la courbe lors de la redescente.

    L'idéal reste les pumptracks, ces pistes bétonnées ou goudronnées qui s'apparentent à des terrains de BMX. La coordination entre votre jambe avant et votre jambe arrière y est essentielle pour prendre de la vitesse sans pousser avec le pied. Les pumptracks sont assez exigeants sur le plan musculaire et respiratoire et seront également parfaits pour vous faire travailler physiquement. L'effort est en effet très similaire à celui d'une connexion entre deux vagues en surf foil. Si vous avez une planche de type cruiser ou surfskate, c'est encore mieux : elles procurent plus d'instabilité et vous font travailler votre placement en plus de votre technique de pumping.

    Le dockstart, une fois maîtrisé, sera également un bon moyen de perfectionner votre technique lorsque les vagues ne sont pas au rendez-vous. Trouvez un ponton proche de chez vous et exercez-vous. Les départs depuis un ponton se font à des vitesses plus faibles qu'en sortie de vague, la technique se complexifie donc un peu, mais à entraînement difficile, connexion facile.

    Entraînement physique

    Même si le pumping correspond plutôt à un effort court et intense de type anaérobie lactique, l'endurance n'est pas à négliger pour progresser, d'autant qu'elle vous servira à supporter de longues sessions. L'entraînement doit donc être global.

    Vous êtes adepte de la préparation physique ou du cross-training ? Des exercices tels que les box jumps et les burpees seront idéaux pour travailler l'explosivité et le cardio à la maison.

    Si vous souhaitez travailler plus spécifiquement votre capacité respiratoire, l'interval training, plus communément appelé fractionné, en course à pied est un très bon moyen de progresser rapidement. Le mieux est d'utiliser les escaliers proches de chez vous, cela vous permettra également de travailler votre amplitude.

    Pour résumer

    1. Choisissez le bon timing
    2. Pensez à allonger votre courbe en sortie de vague pour conserver de la vitesse
    3. Engagez votre corps vers l'avant grâce à un léger déséquilibre pour créer de la vitesse
    4. Coordonnez le mouvement des jambes avec les phases d'allègement et de pression du corps
    5. Pensez à donner de l'amplitude
    6. Portez votre regard au loin
    7. Visez le tiers supérieur de la vague que vous souhaitez connecter
    8. Ça y est, vous venez d'attraper une seconde vague

    Si vous avez encore des questions à ce sujet, ou pour toute autre demande, n'hésitez pas à nous contacter.

    Portrait de Bruno Sroka, fondateur de SROKA Company

    À propos de l'auteur

    Bruno Sroka, triple champion du monde, quadruple champion d'Europe et triple champion de France de kitesurf. Traversée du Cap Horn en kitesurf (2008), record de la Manche (2012), liaison France-Irlande de 444 km (240 milles nautiques) en 16 h 40 (2013). Ancien professeur d'EPS, fondateur de SROKA Company, marque bretonne de foil, wing foil, SUP et parawing. Concepteur du PushBar System® avec Gaël Contal, ambassadeur SROKA à l'origine de l'idée du choqué-bordé. Les foils SROKA sont conçus et testés en Bretagne par Bruno et son équipe.