Le dockstart, c'est le départ en pump foil depuis un ponton. Vous posez la planche sur l'eau, vous donnez de la vitesse en poussant depuis le ponton, vous montez sur la planche et vous pompez pour faire voler le foil. Pour réussir vos premiers départs, il vous faut un ponton bas, une grande aile avant, un mât court et beaucoup de répétitions. Ce tutoriel détaille chaque geste.
Quel matériel pour apprendre le dockstart ?
Prenez du matériel qui pardonne : une grande aile avant comme la High Aspect 2000, un mât de 70 cm, un fuselage court et une planche légère et rigide comme la Pump Board 80 V2. Pour un débutant complet, le stabilisateur 290 HA est une option utile : il donne plus d'appui sur l'arrière du foil et aide à tenir le vol.
Le choix de chaque élément est détaillé dans notre guide complet du pump foil.
Comment choisir son ponton ?
Le spot fait la moitié du travail. Un mauvais ponton peut vous faire perdre des séances entières.
- La hauteur : entre 30 et 60 cm au-dessus de l'eau. Plus le ponton est haut, plus il faudra un mât long et un départ précis.
- Un ponton flottant de préférence : l'aile avant peut passer dessous sans accrocher.
- Large et stable : vous devez pouvoir prendre votre élan sans perdre l'équilibre. Évitez les quais étroits ou qui bougent.
- De la longueur si vous partez en courant.
- Assez d'eau sous le foil : aux premières séances, vous maîtrisez mal votre hauteur de vol et le foil touche vite le fond.
- Aucun obstacle : vérifiez qu'il n'y a ni bout, ni chaîne, ni bouée sous ou devant le ponton. Une aile à grande envergure accroche facilement.
Pour trouver un ponton près de chez vous, repérez les plans d'eau abrités sur Google Maps ou Google Earth. Pour vous inspirer, voici nos spots de dockstart préférés en Suisse.
Comment faire un dockstart ? La méthode en 5 étapes
1. Mettre la planche en position
Posez la planche sur l'eau, foil vers le bas : l'aile avant doit se trouver juste sous la surface. Placez une main à l'arrière de la planche et l'autre sur le rail, vers l'avant.
Il existe deux façons de partir. La plus simple : la planche est déjà dans l'eau, vous montez dessus en poussant depuis le ponton. La seconde : vous courez sur le ponton avec la planche tenue par les rails, puis vous sautez. Elle donne plus d'élan et devient utile avec des ailes plus petites.
2. Donner de la vitesse
La vitesse de départ dépend de la surface de votre aile avant. Plus l'aile est petite, plus il faut d'élan. Avec une grande aile comme la High Aspect 2000, il en faut très peu : nos riders arrivent même à partir presque sans élan.
Poussez fort avec le pied resté sur le ponton. Cette impulsion vous donne le temps de voler et de vous placer.
3. Monter sur la planche
Posez un premier pied sur la planche, puis le second. Certains posent d'abord le pied arrière, d'autres le pied avant : c'est propre à chacun. Retenez juste l'effet sur la planche. Pied avant en premier, le nez se lève légèrement. Pied arrière en premier, le nez s'incline légèrement vers le bas.
Le placement des pieds est décisif, car une erreur à l'atterrissage se rattrape très mal en vol. Sur une planche courte, le pied arrière se place au-dessus du mât et le pied avant juste derrière la main avant posée sur le pont. Servez-vous de vos mains comme repère pour poser vos pieds au bon endroit.
Le conseil de Bruno Sroka : gardez le regard fixé vers l'avant et soyez le plus stable et le plus droit possible à l'atterrissage. Droit, cela veut dire que votre centre de gravité se trouve au-dessus de la planche. Si vous êtes trop en avant, en arrière, à gauche ou à droite, vous partez avec un déséquilibre difficile à corriger. Placez aussi vos pieds dans l'axe longitudinal de la planche : cela facilite la stabilité et vous évite de partir sur la droite ou sur la gauche.
4. Les premiers coups de pompe
Pompez fort sur les quatre ou cinq premiers coups, puis plus doucement. Ces premières impulsions installent le vol. Ensuite, vous cherchez le rythme, pas la force.
Gardez vos appuis sur l'axe de la planche et le regard devant vous : c'est ce qui tient votre équilibre.
Au début, accompagnez le mouvement des jambes avec les bras. Cela vous allège et vous donne une fréquence de pumping. Avec le niveau, les bras deviennent de moins en moins nécessaires.
5. Alléger et laisser glisser
Pomper, c'est faire osciller le foil. Vous l'envoyez vers le bas, puis vous relâchez la pression sous vos pieds pour qu'il remonte. Aidez-vous en faisant remonter les genoux : cela allège la planche et le foil remonte plus facilement. Idéalement, ce ne sont pas seulement les jambes qui travaillent : vous transmettez de l'énergie au foil avec toute la masse de votre corps.
Cherchez à voler haut. Moins il y a de mât dans l'eau, moins il y a de traînée, et plus vous volez longtemps avec peu d'effort.
Pourquoi mon dockstart ne marche pas ? Le tableau diagnostic
| Ce qui se passe | La cause | La correction |
|---|---|---|
| Vous faites un trou dans l'eau au lieu de partir | Élan insuffisant ou aile avant trop petite | Prenez plus de vitesse au départ, ou passez à une aile avant plus grande |
| Le foil sort de l'eau et vous tombez | Trop d'appui sur la jambe arrière | Recentrez vos appuis vers l'avant dès l'atterrissage |
| La planche retouche l'eau | Trop d'appui sur la jambe avant | Cherchez à rester haut sur l'eau : partez avec la planche plus haute dès le départ |
| Le foil ne fait que monter, impossible d'appuyer devant | Trop de vitesse au départ, ou pas assez d'appui sur l'avant du foil | Réduisez l'élan et mettez plus d'appui sur la jambe avant |
| Vous descendez petit à petit jusqu'à toucher | Vous volez trop bas | Allégez vos appuis après chaque impulsion, genoux vers le haut |
| Vous partez de travers ou basculez sur le côté | Centre de gravité décalé à l'atterrissage | Regard devant, buste droit, pieds dans l'axe de la planche |
| Vous êtes debout mais impossible de pomper | Pieds mal placés | Travaillez le placement à sec sur le ponton, pied arrière au-dessus du mât |
| Vous vous épuisez en quelques secondes | Vous pompez fort tout du long | Quatre ou cinq coups forts, puis cherchez le rythme |
Votre première session : à quoi s'attendre ?
La première session est à la fois frustrante et motivante. Quelques repères pour l'aborder sereinement :
- Vous allez beaucoup tomber. C'est normal. Chaque essai vous apprend quelque chose.
- Fixez-vous des micro-objectifs. Au début, le but est simplement de tenir debout sur la planche après le départ, avant même de voler.
- Filmez-vous. Revoir sa technique est l'un des moyens les plus efficaces pour repérer ses erreurs.
- Travaillez à sec. Répétez le placement des pieds sur le ponton avant de vous lancer.
- Prévoyez des séances courtes, de 30 à 60 minutes. Le dockstart est très physique : jambes, dos et abdominaux travaillent dur.
Les bons réflexes au ponton
- Protégez-vous : un casque pour les départs, un gilet d'impact tant que vous débutez, et jamais seul sur l'eau.
- Ne cognez pas la planche sur le ponton à chaque essai : votre matériel durera beaucoup plus longtemps.
- Retenez votre planche quand vous tombez, surtout dans un port, pour éviter qu'elle aille taper un bateau.
- Privilégiez un foil rigide : il transmet directement vos appuis et vous gagnez en efficacité.
Pas de ponton ? Les alternatives
L'échelle dans l'eau. Une échelle pliante positionnée dans l'eau peut servir de ponton. Vous pouvez partir de presque n'importe où, mais il faut réussir à partir avec très peu d'élan. Entraînez-vous d'abord sur un ponton à réduire votre distance de course.
Le beach start. Vous courez depuis la plage et vous sautez sur la planche. Prenez un mât de 70 cm et une plage qui plonge vite en profondeur, sinon le foil tape le sable en permanence.
Apprendre à pomper sur un autre support. Si vous pratiquez le wing foil, tenez l'aile par la poignée avant en mode free fly et pompez le plus longtemps possible. En wakefoil, prenez de la vitesse derrière le bateau puis lâchez le palonnier et pompez. Le surf foil fonctionne aussi, mais il demande de maîtriser le take-off. Pour aller plus loin, lisez nos conseils pour pomper en surf foil.
Pourquoi apprendre le dockstart ?
Le dockstart est la porte d'entrée du pumping, et le pumping sert partout. En wing foil, vous décollez plus tôt et vous passez les molles en pompant. En surf foil, vous connectez les vagues sans repartir à la rame. Et quand il n'y a pas de vent, un ponton suffit pour s'entraîner entre amis. Retrouvez tout notre matériel de pump foil, dessiné et testé en Bretagne par Bruno Sroka et son équipe.
Le mot de Bruno Sroka
On entend souvent sur les pontons que le dockstart, c'est pour les jeunes qui ont la pêche et le sens de l'équilibre. C'est faux. Le départ demande beaucoup de répétitions, mais ça s'apprend à tout âge. Et une fois ce cap passé, c'est un excellent entraînement pour progresser en foil quand le vent n'est pas là.
Bruno Sroka, triple champion du monde, quadruple champion d'Europe et triple champion de France de kitesurf. Traversée du Cap Horn en kitesurf (2008), record de la Manche (2012), liaison France-Irlande de 444 km (240 milles nautiques) en 16 h 40 (2013). Ancien professeur d'EPS, fondateur de SROKA Company, marque bretonne de foil, wing foil, SUP et parawing. Concepteur du PushBar System® avec Gaël Contal, ambassadeur SROKA à l'origine de l'idée du choqué-bordé.
Questions fréquentes
Quelle hauteur de ponton pour débuter le dockstart ?
Entre 30 et 60 cm au-dessus de l'eau. Un ponton plus haut demande un mât plus long et un départ plus technique.
Ponton flottant ou ponton fixe ?
Le ponton flottant est le meilleur choix pour débuter : l'aile avant peut passer dessous sans accrocher. Sur un ponton fixe, vérifiez que la hauteur par rapport à l'eau reste entre 30 et 60 cm, notamment avec la marée.
Faut-il courir sur le ponton pour faire un dockstart ?
Pas forcément. Avec une grande aile comme la High Aspect 2000, une poussée franche depuis le ponton suffit. La course devient utile avec des ailes plus petites, qui demandent plus de vitesse.
Peut-on faire un dockstart sans élan ?
Oui, avec une grande aile et de la technique. C'est aussi ce qui permet de partir d'une échelle posée dans l'eau. Travaillez-le progressivement sur un ponton en réduisant votre distance de course.
Quel pied poser en premier sur la planche ?
C'est propre à chacun. Certains posent d'abord le pied arrière, d'autres le pied avant. Testez les deux et gardez ce qui vous paraît naturel.
Stabilisateur 180 ou 290 pour débuter ?
Le 180 est le standard. Le 290 HA est une option pour les débutants complets : il donne plus d'appui sur l'arrière du foil et aide à tenir le vol, mais il rend le foil plus lent et moins joueur.

